Récemment, lors d’un souper au resto à Toronto, un publicitaire œuvrant pour une grande agence me lança: « Moi, je fais du viral !», avant de replonger son regard et sa cuillère dans son bol de soupe aux tomates. Hum, fis-je pendant que la tablée s’étonnait de la popularité des vidéos de minous sur Youtube. Des pensées d’éternuements et de mains mal lavées m’étaient venues à l’esprit. Puis, face à mon pepper steak, je réfléchis à l’affirmation de mon nouvel ami, en jetant un regard furtif aux cuisines du resto.
Une frustration émergea alors en moi, amplifiée par un vol désagréable et une conférence ennuyeuse, aussi, je m’exclamai : « Un peintre peut-il n’aspirer à peindre que des chefs-d’œuvre ? Un réalisateur peut-il affirmer qu’il ne fait que des succès au box-office ?»
Oui ! Me répondez-vous d’emblée ? Tant mieux, vous êtes ambitieux. Postulez chez nous, Upperkut a une job pour vous. .
Je vous entends m’accuser de mauvaise foi et me rappeler mon biais évident : combien de grands chefs de chez nous offrent des plaisirs assurés dans de très bon restaurants ? J’en conviens. Mais votre argument est fallacieux. Je m’attendais à mieux. Permettez moi deux remarques.
Tout d’abord de tels maîtres sont rares et marquent généralement l’histoire. Je parle de ceux qui ne produisent que des délices gastronomiques, des chefs-d’œuvres, des «blocks-busters» ou des vidéos virales. Je réitère donc l’offre d’emploi. Ensuite, force m’est de concéder que l’argent achète parfois bien des choses, dont des clics.
Donc, la viralité d’une action c’est le résultat, pas l’intention.
Une campagne devient réellement virale que lorsqu’on constate un engouement tel, que notre message se transmet et se retransmet à une vitesse vertigineuse, de personne à personne… comme un virus. La transmission du message s’effectue alors de manière libre, non contrôlée et non soutenue par du placement média, chaque «cible» se faisant volontairement «porteuse du message».
Je reformule la question : peut-on assurer la viralité d’une action de communication ? Non, pas vraiment.
On peut néanmoins mettre toutes les chances de son côté.
1. En faisant preuve d’un immense talent, d’une grande créativité, en étant solidement ancré dans «l’air du temps» et en osant.
2. En y attribuant suffisamment de ressources. On n’a rien pour rien.

